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La Speed Triple est très vite devenue le modèle phare de l’usine Triumph. En 2005, le constructeur britannique décide de lancer une cinquième génération de son trois cylindres en portant sa cylindrée en 1050 cm3. Pour cela, les ingénieurs anglais réalisent un tout nouveau bloc et font passer sa course de 65 mm à 71,5 mm. En jouant sur la course plutôt que sur l’alésage, ils favorisent les bas et moyens régimes et accentue le caractère originel du trois cylindres. Sur le plan esthétique, le design bien connu de la Speed Triple, avec double optique chromée, cadre périmétrique tubulaire et monobras oscillant s’agrémente des tendances du moment. La partie arrière est réduite à sa plus simple expression et les pots passent en hauteur afin de dégager la superbe roue arrière. Plus compacte et plus trapue, la Speed Triple reçoit une nouvelle fourche inversée de 45 mm de diamètre ornée de superbes tés, ainsi que des étriers de freins radiaux. La géométrie et le poids restent identiques à la version 955, mais l’assiette est basculée vers l’avant et le pneu arrière passe de 190 à 180 mm. La Speed Triple gagne ainsi en agilité. Malgré son rayon de braquage encore trop important, l’Anglaise se laisse ainsi prendre facilement en mains. Très souple, le nouveau trois cylindres reprend dès 1000 tr/min sur le dernier rapport. Du fait de l’allégement des bielles et des pistons et d’une nouvelle injection, il ne manifeste pas plus d’inertie que le 955 malgré sa course plus longue. Son feulement se rapproche lui des premiers modèles, réputés pour leur caractère. Stable et rassurante, la partie cycle gagne en agilité et en efficacité. De là vient le danger de cette redoutable machine. On se sent si bien à son guidon qu’on en vient à oublier son énorme potentiel qui entraîne à dépasser les limites sans que l’on y prenne garde. Par ailleurs confortable et conviviale, cette Triumph Speed Triple fait preuve d’une homogénéité et d’une polyvalence admirables. Un bien bon millésime.
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